Archives de Catégorie: France

Reconstruisons ensemble Notre-Dame de Paris

Photo Wikipedia

Lundi 15 avril 2019, une partie de Notre-Dame de Paris s’est envolée et avec elle, plus de 850 ans d’histoire. C’est essentiellement la charpente de la toiture et la flèche qui ont disparu dans les flammes de cet incendie encore non élucidé mais probablement accidentel.

Le bois originel de la charpente avait été posé au XIIe siècle ; certains de ses éléments étaient même issus d’un bois stocké pendant plusieurs siècles avant la construction de la cathédrale, soit de l’époque de… Charlemagne ! (vers 800 ap. J-C.).

Nous pouvons reconstruire ce joyau national, reconnu dans le monde comme un symbole de notre pays, de l’art médiéval européen, et patrimoine de l’humanité.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a fixé un délai de 5 ans pour reconstruire ce qui a disparu dans l’incendie. C’est très ambitieux, encore plus quand les fondations demeurent fragiles, mais c’est faisable.

Dans cette démarche, nous pouvons participer à sa reconstruction en faisant un don à la Fondation du patrimoine : https://don.fondation-patrimoine.org/SauvonsNotreDame/~mon-don.

Le taux de réduction d’impôt sur le revenu est abaissé exceptionnellement à 75% au lieu de 66% pour les dons allant jusqu’à 1000 euros (66% au-delà de 1000 euros). Les dons seront intégralement reversés pour la reconstruction de la cathédrale.

J’ai donné pour ma part comme tant d’autres. Quant à la Ville d’Issy-les-Moulineaux, elle votera en conseil municipal un don de 70 000 euros, soit 1 euro par habitant.

Si les sommes s’accumulent, peut-être que le restant pourra soutenir d’autres projets de sauvegarde de notre patrimoine ?

N’oublions pas enfin « qu’il n’y a de richesse que d’hommes » et que les sommes allouées ne doivent pas omettre les fondations et oeuvres caritatives qui agissent envers notre prochain dans la détresse et la souffrance. Car les cathédrales sont bâties par les hommes et qu’ils sont la base même des oeuvres dédiées à Dieu et plus généralement à la sublimité de l’art.

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Grand Débat National : des idées pour le bien commun

Le Grand Débat National, voulu par le Président de la République, s’est achevé et a été un succès unanime ; les Français s’en sont saisis et en ont fait un espace inédit d’échanges politiques qui fera école !

Les différents grands débats qui ont eu lieu ces dernières semaines, notamment à Issy-les-Moulineaux et dans les Hauts-de-Seine, ont permis de faire émerger des idées qui ont fait consensus ou des propositions très originales.

Dans certaines réunions locales, les citoyens ont même voté à main levée des propositions formulées par des groupes de travail ; une forme de démocratie directe salutaire qui s’est déroulée à chaque fois de manière apaisée et respectueuse de la diversité des opinions.

Parmi les propositions formulées, plusieurs ont retenu mon attention entre les 4 thématiques proposées (fiscalité et dépenses publiques ; transition écologique ; organisation de l’Etat et des services publics ; démocratie et citoyenneté) :

  • La reconnaissance du vote blanc, avec parfois un conditionnement de sa reconnaissance avec le vote obligatoire. Néanmoins, le vote blanc a été très souvent demandé par les citoyens ;
  • Une fiscalité progressive sur les volumes des déchets ménagers, afin d’inciter les entreprises et les consommateurs à réduire leurs déchets au quotidien ;
  • Des services publics de proximité : même dans un milieu très urbanisé, les citoyens ont demandé que les services publics restent à proximité (agences La Poste, SNCF, etc.)
  • Une suppression ou une transformation du Sénat en assemblée des citoyens, ainsi que la suppression du Conseil économique, social et environnemental ;
  • Une réforme fiscale pour que l’ensemble des Français paient l’impôt sur le revenu, même à titre symbolique ;
  • Un soutien actif dans les politiques nationales et locales aux mobilités douces et non polluantes comme le vélo.

C’est maintenant au tour de l’exécutif présidentiel et de la majorité parlementaire (LREM et MoDem) de mener une synthèse et de proposer des textes législatifs qui concrétisent ces idées majoritaires.

C’est en effet par la loi que la République doit fonctionner et non par la violence physique et les destructions matérielles.

La République a fait un grand pas, et me vient une idée qui a été également avancée par plusieurs élus nationaux : pourquoi ne pas instituer un Grand Débat National annuel ?

Le débat continue !

Pour une Renaissance européenne – La lettre d’Emmanuel Macron

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ? Que fait l’Europe ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l’esprit de progrès

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

Emmanuel Macron

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