Discrimination à l’embauche : comment la combattre ?

Vendredi soir s’est déroulé un café-débat à Levallois-Perret (92) consacré la question de la diversité dans les champs de l’économie et de l’éducation.

J’y ai assisté pour me faire une idée sur la question et y entendre peut-être des propositions concrètes pour les politiques publiques en faveur de nos concitoyens discriminés.

Il est apparu d’abord une césure entre les intervenants et l’auditoire : les premiers mettaient en avant l’importance de l’action de l’Etat pour remédier aux faits de discrimination à l’embauche. Leur auditoire -dont je faisais partie- était plus critique et circonspect par rapport aux politiques publiques menées jusqu’à maintenant par les pouvoirs publics. Les expériences de chacune et chacun démontraient les carences et même les incompétences de l’Etat à régler les cas de racisme à l’embauche plus ou moins avérés à l’égard des Français issus de la diversité.

Un réel consensus s’est créé sur la question de l’éducation : base fondamentale de la méritocratie républicaine -pour laquelle je suis personnellement très attaché- l’éducation, la formation, et l’obtention de diplômes sont indispensables pour faire maximiser ses chances sur le marché du travail français. Néanmoins -et je l’avais également souligné lors de cette soirée- le diplôme ne veut plus rien dire aux yeux des recruteurs, ce qui est à la fois regrettable et scandaleux. Seuls le carnet d’adresses, le « piston » et le fait de sortir de grandes écoles, permettent encore aux enfants les plus avantagés de la société française de trouver et un stage et un emploi !

Les intervenants de la soirée ont tenté de formuler plusieurs propositions concrètes :

  • James Cohen a suggéré que les pouvoirs publics français se rapprochent du modèle nord-américain dans lequel les associations « communautaristes » ont su porter la défense de leurs intérêts contre le racisme et les discriminations, sachant que la puissance actuelle de ces associations leur permet de mener des actions au-delà de leur simple communauté d’appartenance ;
  • El Yamine Soum a été plus critique à l’égard du système des quotas, ce qui allait dans le sens de la majorité de l’auditoire, elle-même assez défavorable sur cette mesure. El Yamine Soum a rappelé l’incongruité de Nicolas Sarkozy d’avoir nommé Jeannette Bougrab, fille de Harkis, à la tête de la HALDE. Selon lui, nommer des personnalités elles-mêmes issues de la diversité à ce type de poste était une façon de les mettre paradoxalement face à leur propre identité et d’afficher des nominations plus symboliques qu’efficaces ;
  • Aziz Senni a suggéré d’une part de sanctionner financièrement les grands groupes et les PME-TPE qui pratiqueraient clairement la discrimination à l’embauche, et d’autre part d’encourager ces mêmes entreprises à recruter des salariés dans les quartiers et les villes où elles sont installées en contrepartie d’avantages fiscaux.

Cette soirée riche en enseignements et de témoignages a permis de se faire une idée assez terrible de l’état de notre société, de la détresse de ses citoyens issus de la diversité à bénéficier d’une éducation sans inégalités sociales, et de pouvoir trouver un emploi par le mérite et sans avoir à subir des formes de discrimination plus ou moins explicites.

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Publié le 16 janvier 2011, dans Economie, Education, France, Hauts-de-Seine. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. C’est une vaste question.
    Le fait que le diplôme soit dévalorisé s’explique peut-être par le fait que les études sont « déconnectées » des besoins réels du marché, inadaptées donc. Certains recruteurs préfèrent donc embaucher des salariés moins qualifiés sous prétexte qu’ils ont plus d’expérience que les diplômés, ce qui témoigne des carences du cursus scolaire. Notamment, certains diplômés seraient trop diplômés par rapport au job qu’ils postulent; trop chers donc, ils sont refusés.
    Vient enfin les discriminations raciales comme vous dites. Est-ce que vous ne pensez pas que la cause profonde vient plutôt du manque d’intégration de ces immigrés, ce qui fait qu’ils sont rejetés sur le marché du travail, et marginalisés aux yeux de la société ?

  2. @ M.H. : Merci pour votre réflexion sur ce sujet.
    Je l’entends souvent, ce reproche aux facultés d’être déconnectées. Pourtant, elles ont fait des efforts, en particulier par le biais des ex-DESS devenus Master Professionnel : des cours donnés par des « professionnels » de terrain qui ne sont pas des professeurs de métier, des stages réguliers, des travaux pratiques, etc.
    Après tout dépend de ce qu’on cherche en faculté : si c’est pour devenir enseignant, il ne faut pas attendre de connections particulières avec les entreprises ; inversement si l’étudiant veut travailler concrètement après avoir obtenu son diplôme.
    On en revient donc au problème et il y a plusieurs raisons à mon sens :
    – les entreprises ont -avec le silence complice des pouvoirs publics- imposé leur règle du jeu : que ce soit pour trouver un stage ou un emploi, les diplômes ne veulent rien dire et il faut avant tout avoir le sésame de la « recommandation », du piston, du carnet d’adresses, de ce qui peut « rassurer » le recruteur. À partir de là, le niveau du diplôme n’existe plus et ne permet pas de fixer par exemple une rémunération à son niveau. Le « pistonné » doit s’arranger avec son recruteur qui a eu le geste de le prendre en stage ou en CDD, car cela n’est déjà pas si mal (on voit le cercle vicieux se dessiner) ;
    – les entreprises ne veulent plus considérer les diplômes des facultés car tout simplement, elles ne veulent plus rémunérer les salariés en fonction de leur niveau intellectuel. Il faut désormais sa débrouillardise, que ce soit dans ma quête de recommandations, et de techniques « originales » pour plaire et séduire le recruteur.
    Avec des politiques publiques qui ne parviennent pas (ou qui ne veulent pas) enrayer la destruction d’emplois en France, les jeunes sortis des facultés doivent ruser pour obtenir dès lors le moindre petit boulot, stage ou CDD et les premiers seront les servis car il y a un fort goulot d’étranglement dans la grande majorité des débouchés.
    -Concernant les immigrés, je pense avant tout à leurs enfants et petits-enfants qui sont censés être plus Français que leurs parents et leurs grands-parents. Ceux-là pour leur majorité font des études et leur diplômes -à leurs yeux et ceux de leurs parents- sont des sésames de la méritocratie, le moyen unique de se hisser honnêtement dans la société. C’est aussi un élément de reconnaissance pour eux, car ils ne jouent pas à armes égales face aux enfants de la bourgeoisie parisienne qui fréquentent les lycées Henri IV, Louis Le Grand, Sciences Po Paris qui eux ont tout avec eux… et pour eux !
    Le système scolaire français me semble de nature inégalitaire donc en amont du processus ; mais il ne le serait pas si en aval, les entreprises ne pratiquaient justement le traitement de faveur pour les enfants issus des familles très favorisées et ceux issus des classes moyennes et populaires et qui pourtant sont à égalité avec les premiers au niveau des diplômes obtenus.
    Le manque d’intégration des enfants d’immigrés est à mon sens une construction sociale de la réalité et qui masque LA réalité : on fait naturellement plus confiance à un enfant à nom français et d’apparence physique proche de celle du recruteur qu’à un enfant issu de la « diversité » (mot qui m’agace), alors qu’il est né Français et qu’il est autant diplômé que le premier.
    Bien cordialement.

  3. okangermiyan,
    Merci pour votre réponse.

    Oui, je sais bien qu’on tend à faire des efforts sur les insuffisances du système scolaire. Ce problème ne concerne pas que la France. L’Espagne et l’Allemagne aussi en souffre. Et certains pays africains « en voie de développement » aussi.
    Mais le fait qu’aujourd’hui on puisse être trop diplômé, que des élèves s’engouffrent dans des filières poubelles, que les jeunes diplômés parce que sans expérience ne trouvent pas de travail, montre que ce n’est toujours pas suffisant.
    Sur le fait que les entreprises ne veulent plus rémunérer comme il se doit, je n’y crois pas. Les entreprises ne peuvent pas n’en faire qu’à leur tête. Parce qu’elles ont besoin de main d’œuvres qualifiées pour répondre à la demande. C’est aussi l’une des raisons qui expliquent la montée des inégalités : de façon générale les salaires diplômés ont augmenté alors que les salaires non diplômés ont stagné (on le voit parfaitement bien aux USA). Mais si certains emplois qualifiés ne sont pas bien rémunérés, c’est que le niveau de diplôme est peut-être trop élevé, ou alors que la filière était bouché, ce qui finalement fait baisser les salaires pour ce type d’emplois. Enfin, un diplôme n’a pas de valeur intrinsèque, il n’a de valeur que les besoins économiques, et la demande des consommateurs. Du fait d’un progrès technologique, un diplôme aujourd’hui très bien rémunéré peut ne plus rien rapporter demain. C’est pourquoi je pense qu’on devrait mieux renseigner les étudiants sur les réalités économiques (les salaires et les débouchés). Comment ? Je ne sais pas.

    Par rapport aux discriminations ensuite, il me semble que cela cible davantage les classes populaires et non les classes moyennes. Je pense que ça peut s’expliquer par les quartiers sensibles. Lorsque les immigrés ne sont pas intégrés, ils ne participent pas (volontairement et délibérément) à la production du pays, et ont peut-être tendance à profiter de notre système social généreux, ils peuvent être violents et c’est mauvais pour la cohésion sociale. On le voit bien en Allemagne : ils ont des problèmes avec les musulmans à ce niveau là. Si les immigrés ont tendance à se regrouper dans une zone donnée (ce qui arrive dans la réalité), la violence peut augmenter et chasser la classe bourgeoise. Alors les prix du logement du quartier diminue, attirant les pauvres. Au final, ce sont les habitants de ces quartiers là qui sont stigmatisés sur le marché du travail, pas seulement les immigrés.
    Peut-être il y a une part de vérité dans le fait que l’on fait « naturellement » plus confiance à ses semblables (ici, les français) qu’aux étrangers. Mais il faut reconnaitre que les étrangers ne sont pas aidés si nous avons des préjugés, et je crois qu’on en a beaucoup. Rien que dans mon entourage, on craint énormément les juifs et les arabes. Mon père était recruteur autrefois, et il n’a pas pu encadrer la malhonnêteté de certaines personnes. Après avoir vécu ces expériences, il m’avait dit qu’il faisait attention à qui recruter et on ne peut pas lui en vouloir. Et il m’a toujours dit : fait attention aux arabes, mais surtout les juifs. D’autant qu’il a des amis qui ont eu des problèmes avec des immigrés, souvent soit des noirs soit des arabes. Très vite, on dresse une image stigmatisée d’une population. Évidemment, ça joue beaucoup dans l’éducation des gosses. Je pense qu’avant de penser que naturellement, on fait moins confiance aux étrangers, même si c’est possible, il faudrait d’abord que le système les y intègre bien, sinon, on continuera de nourrir ce genre de préjugés.

  4. @ M.H. : En amont du problème, il demeure un fait qu’on oublie régulièrement : l’incompétence des pouvoirs publics à créer des emplois. Les différents gouvernements successifs n’ont eu de cesse avant tout de voter des avantages fiscaux en tous genres pour les grands groupes et les entreprises, et les ont laissées faire en délocalisant à tout-va des productions industrielles au nom de la concurrence sauvage inhérente aux effets néfastes de la globalisation. En contrepartie, hélas, les entreprises n’ont pas honoré les créations d’emplois attendues : combien de fois avons-nous eu des affaires d’entreprises ayant délocalisé des unités de production de France vers l’Asie ou ailleurs dans le monde, sans respecter le Code du travail ? Combien de fois des corporations n’ont pas tenu leur promesse faite aux gouvernants -eux-mêmes assez complices de ces dernières dans des objectifs électoralistes voire clientélistes- de créer des emplois en échange d’avantages fiscaux fruits d’un intense lobbying au Parlement et auprès des ministères ? Je ne parle pas des collectivités qui ont financé, subventionné, l’installation ou le maintien d’unités de production sur leurs territoires, et qui ont été trompées par les dirigeants des entreprises qui faisaient le choix de délocaliser en Asie et détruisaient ainsi des emplois en France ?
    En conséquence, par rapport à ces attitudes indélicates, le problème d’intégration demeure à mon sens une vue de l’esprit : il est indispensable que tout Français, quelle que soit son origine, puisse bénéficier d’un emploi à la hauteur de son niveau d’éducation, d’expérience et de diplôme, car c’est -je le répète- un sésame de reconnaissance tout comme l’obtention du diplôme.
    À cela, notre marché du travail est devenu assez vicieux : les entreprises ne proposent plus d’emplois, emploient des stagiaires à plein temps sans les rémunérer correctement ou pas du tout (on a eu des cas lors des fêtes de fin d’années), et mettent en concurrence les étudiants demandeurs de stage sans qu’il y ait promesse d’embauche derrière. Or, les stages doivent être encadrés et proposés à tous sans exception, car les entreprises depuis des décennies prétendent ne pas recruter des jeunes car « ils manquant d’expérience ». Or, les jeunes se plaignent à juste titre de ce prétexte de l’inexpérience, tandis que les entreprises raréfient les stages, mettent en concurrence tous les jeunes diplômés entre eux, et n’ont pas la volonté de créer des emplois à long terme. C’est une réalité de tous les jours que personne ne peut nier.
    On revient également à l’incompétence de l’Etat : comment peut-on trouver une logique lorsque un rectorat comme celui des Hauts-de-Seine, mon département, choisisse de supprimer des classes de BTS de technico-commercial, de commerce international, d’informatique qui forment de manière efficace et très bien évaluée des étudiants qui sont très demandés par exemple par les entreprises installées à La Défense ?!
    Nous revenons à un autre fait : en plus de la destruction d’emplois, du laisser-faire et de l’incompétence des pouvoirs publics vis-à-vis des délocalisations des entreprises, l’Etat oublie volontairement (?) de soutenir les TPE-PME, parents pauvres de l’économie nationale et ultra-ponctionnés par l’Etat, qui sont pourtant les véritables créatrices d’emplois ! François Bayrou -dont j’ai été membre de son équipe de campagne durant la présidentielle de 2007- proposait ainsi aux TPE-PME la possibilité de créer deux emplois sans charges, une idée innovante qui avait séduit nombre d’entrepreneurs : http://www.bayrou.fr/propositions/emploi.html
    L’Etat enfin néglige l’éducation, l’enseignement et la formation qui à mon sens restent les ferments pour chaque citoyen d’acquérir un capital théorique ET pratique pour s’insérer dans le marché du travail. Ainsi, je pense qu’il ne faut pas confondre intégration dans la société et intégration dans le marché du travail. La première concerne encore à mon sens une minorité, alors que la vraie problématique majeure est l’absence de débouchés et d’emplois pour tous les Français sans exception.
    N’oublions que dans tous les pays et à toutes les époques, en période de crise, on cherche des boucs-émissaires, de préférence étrangers à la « communauté nationale ». Or, c’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber, car il occulte totalement la réalité du problème à résoudre qui est le même comme à chaque fois: créer de l’emploi ! Pour cela, il faut de la volonté politique, ce qu’aucun gouvernement, depuis ces dernières décennies, n’en a été capable.
    Bien cordialement.

  5. Je trouve honteux et scandaleux de nier l’existence de la discrimination à l’embauche et de minimiser ses conséquences . En effet, moi je suis d’origine marocaine mon père a fait la guerre avec les Français pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Moi je fais la guerre seul sans les Français pour la dignité, le travail et la reconnaissance.
    Après des études jusqu’à Bac +5 achevées par un DESS avec mention et un classement plus que honorable puisque je suis major de ma promotion, j’ai vu la triste réalité de ce pays que j’envisage de quitter désormais même si je pense que c’est un peu tard car cela fait 5 ans que je suis en recherche d’emploi mais en vain. Sans ressources actuellement et une famille à assumer j’envisage le pire. Il faut arrêter de croire que la France est une terre d’accueil. Ma mère femme d’ancien combattant s’est fait vu refusée un visa pour entrer en France sans motif valable alors qu’elle n’avait qu’un souhait vivre un instant unique la naissance de sa petite fille.
    Quant à moi des milliers de CV laissés sans suite. On me dit tantôt vous êtes surdiplômé tantôt vous êtes trop qualifié. Je me rappelle aussi que lors d’un entretien d’embauche on a eu le culot de me sortir comme motif de refus, VOUS AVEZ TROP D’ENERGIE; alors que pour moi si j’ai beaucoup d’énergie, je trouverai toujours les ressources nécessaires pour finir n’importe quel travail ou mission.
    Bref des excuses bidons et j’y croyais.

    Je change de CV et je me fais coaché par des professionnels proposés par des organismes tels que Afij, ANPE, APEC ou autres, je me dis peut être le problème vient du CV, devinez le reste. toujours la même symphonie. DES LETTRES DE REFUS. Alors je commence à me dire que c’est une histoire de goût ces CV et je finirai bien par trouver des recruteurs qui partagent mon goût. Parce que j’y croyais. Mais suite à une demande d’emploi j’ai vite déchanté. En effet, j’ai postulé pour un poste d’Ingénieur fiabilité électronique, le poste entrait parfaitement dans mes domaines de recherche car je suis titulaire d’un DESS fiabilité électrique, après une semaine j’appelle la boîte qui a diffusé l’offre sans me présenter et en faisant attention à mon accent, là on me respecte et on me dit ne vous inquiétez pas monsieur, c’est en cours de traitement. Le lendemain devinez quoi, une lettre de refus ; jusque là rien d’anormal. Mais lorsque je commence à lire la lettre, incroyable la lettre commence par Madame, je me dis peut être que mon prénom n’est pas commun donc peut être il s’agit simplement d’une erreur mais en réfléchissant bien je me dis que cela est impossible car dans mon CV j’ai aussi mis ma photo, De plus il me disent parmi les motifs de refus c’est qu’ils sont plutôt en recherche de quelqu’un qui a une formation dans la microélectronique. Je reste sans voix, car ma maîtrise avait comme option justement la microélectronique. Là pour moi c’est sûr, ils n’ont même pas ouvert mon CV ou pire ils doivent avoir des logiciels qui détectent les prénoms non « Français » pour les mettre directement à la poubelle. Furieux je contacte la Halde par mail en détaillant tout cela parce que j’y croyais mais devinez quoi je reçois un mail de leur part qui m’explique que je ne pouvais faire ma demande par mail alors qu’il y a bien une rubrique mail sur leur site et que pour avoir un rendez-vous il faut être à Paris.

    Bref Voilà ce que j’ai reçu comme réponse :

    **************************************************************************************************** **************************************************************
    Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité
    11 rue St Georges – 75009 Paris

    Le Directeur Général

    Madame, Monsieur

    Aux termes de la loi du 30 décembre 2004 , la Haute autorité peut être saisie au moyen d’un courrier détaillant les faits au soutien de votre demande. Elle peut également être saisie par l’intermédiaire d’un parlementaire français, d’un représentant français au Parlement européen ou de toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits se proposant par ses statuts de combattre les discriminations ou d’assister les victimes de discriminations.

    Par ailleurs, la saisine de la Haute autorité n’interrompt pas les délais de prescription des actions civiles ou pénales et des recours administratifs et contentieux, si vous souhaitez faire valoir vos droits dans le cadre de l’une ou l’autre de ces procédures.

    Je vous prie d’agréer l’expression de mes hommages respectueux.
    **************************************************************************************************** **************************************************************

    Ne connaissant pas de parlementaire Français, d’un représentant au parlement européen, je décide alors de me diriger vers SOS racisme, je cherche des antennes sur la région de Montpellier où réside la plus grosse communauté marocaine de France, devinez quoi il n’y en avait pas. Je suis passé par celle de Nîmes. La dame que j’ai eu au téléphone était sympathique elle m’a rassuré et elle m’a demandé d’envoyer un courrier en expliquant ma situation et faire de même auprès du tribunal mais devinez quoi , je n’ai jamais été contacté pour cette affaire.
    Peu importe parce que j’y croyais j’ai continué à chercher du travail en demandant cette fois-ci à un conseiller de l’ANPE une formation complémentaire à ce fichu DESS que je commence à regretter oui regretter car quand j’étais étudiant j’avais au moins la bourse maintenant je n’ai aucune ressource. Il m’oriente vers un organisme prestataire j’accepte, mais en allant à cet organisme on me dit que j’ai un diplôme de niveau I donc ce n’est pas utile de faire une formation il faut accentuer ma recherche et ils vont m’aider. Résultat de cette prestation: devinez quoi, aucun travail mais surtout un document attestant que mes difficultés pour le travail sont : les origines, les diplômes, le manque d’expérience et maintenant l’âge.

    Toujours peu importe j’y croyais je continue ma recherche seul en me disant que je n’ai pas d’autres choix que cela, je modifie le CV , j’enlève le DESS la maîtrise et la licence de mon cv sans succès, je gonfle mon CV avec des expériences parfois bidons toujours la même musique. Les entretiens se font rares : 1 à 2 entretiens tous les ans. des entretiens toujours bien passés mais bizarrement ce n’est pas moi qu’on choisit à la fin. De plus étant donné que l’ANPE ne rembourse que deux à trois entretiens par an, il ne faut surtout pas les rater car pour pouvoir passer d’autres entretiens, il faut sortir des billets. A titre d’exemple, pour aller à Paris entre le voyage Aller /Retour les bus les RER, parfois les hôtels il faut au minimum 150 euros par voyage. Somme considérable pour quelqu’un qui n’a aucune ressource ou même un RmIste.

    Je ne pourrais pas raconter tout l’enfer de cette galère je vais juste rajouter que cela fait maintenant 5 ans que je suis dans cette situation beaucoup de mes amis ont choisi de rentrer dans leurs pays d’origine (mali Sénégal, Maroc Algérie Tunisie etc. )et je suis le seul qui croyais en la France en restant ici et en gardant une motivation qui n’a aucun besoin d’être prouvée par des lettres de motivation ou des questions comme « quel est votre projet professionnel ».

    Maintenant, j’avoue que je n’y crois pas vraiment. La France va droit dans le mûr en se privant de certains cadres qui peuvent beaucoup apporter à ce pays et en se repliant sur elle-même alors qu’elle peut se servir justement de cette jeunesse issue de l’immigration pour ouvrir d’autres horizons et par la même occasion créer un climat de confiance et de vivre ensemble au lieu de pointer une population du doigt à chaque fois qu’elle est en crise pour sortir le bouc émissaire idéal et il faut arrêter de stigmatiser toujours ces maghrébins qu’on cherchait par tous les moyens aux années 60 et 70 et qu’on n’a plus envie de voir aujourd’hui. Personnellement je pense que les émeutes de 2005 dans les banlieues vont se reproduire sous une forme ou une autre mais cette fois-ci il n’y aura pas que des casseurs ou des jeunes sans diplôme et sans qualification mais on pourra aussi voir des cadres, des ingénieurs et des immigrés de 1ère ou 2ème génération.

    Quant à moi je n’ai plus envie de me battre.

    Qu’en dites-vous de cela :


    Pour avoir plus de documents choc :
    veuillez me contacter par mail : matix342001@yahoo.fr

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